Inspiration

Je m’inspire de la nature , des oeuvres d’autres artistes, des oeuvres d’amateurs, des dessins de malades mentaux, des gribouillages d’enfants, de photographies, d’illustrations, de souvenirs d’enfance, de rêves, de la peinture sacrée, de la pornographie,de la poésie, de la prose, de la philosophie, des films d’animation, de violence, d’amour et de beaucoup d’autres choses, comme tout artiste.

Une image doit être traitée avec respect et sans préjugés. Tout peut se voir.

L’artiste dans ce sens est un voyeuriste dans la mesure où il préfère voir plutôt que de vivre. Observer la vie plutôt que de s’y mêler. Même les plus grandes peines et les plus grandes joies sont vécues à distance. L’artiste a d’abord le devoir de mourir puis de s’engager dans une absence éternelle.

J’aspire par ma création, de purifier l’image. L’ennemi féroce de l’homme de notre époque c’est l’immense quantité d’images et d’informations offerte , detruisant en lui son sens du sacré et le rendant incapable de vraies paroles et de langage.

J’exerce mon oeil à l’ascétisme pour pouvoir déguster chaque image que je vois , l’aimer et la comprendre.Je veux que l’image circule de ma rétine vers mon cerveau puis vers mon coeur puis vers mon âme. Je veux qu’elle devienne nourriture spirituelle et inspiration.

C’est ainsi que mon âme s’épanouit.

Toile après toile, j’écris ma propre évangile, j’annonce la bonne nouvelle aux pauvres gens, qui consiste en ceci: l’art peut tout sublimer; le libido, mais aussi les maladies, la guerre, les crimes, la haine, l’handicap, le viol, la honte, la laideur,le mensonge,la mort, l’enfer tout entier.

L’art porte le drapeau victorieux de l’humanisme et du religieux. Il peut vaincre et transformer le destin.

Il suffit d’y croire et de se receuillr dans son petit atelier, comme on le fait dans une église pour travailler ce qu’on peut, avec ce qu’on a.

L’oeuvre d’art, aussi humble soit-elle , porte déjà en elle les premices du salut.